La procrastination : qu’est-ce que c’est réellement?
Comme vous avez certainement déjà eu l’occasion de le lire si vous êtes un lecteur régulier de ce blog de développement personnel, notamment dans cet article, je me suis fixé beaucoup d’objectifs pour l’année 2009. Ceux-ci sont assez chronophages et nécessitent donc de ma part une bonne organisation et une grande discipline personnelle. Il est donc logique pour moi d’étudier les moyens d’améliorer ma productivité.
A ce titre, je m’intéresse en ce moment à la procrastination, notamment en écoutant des podcasts tels que celui-ci (attention, anglophobes s’abstenir). Il s’agit d’un podcast très intéressant, réalisé par un professeur universitaire fondateur d’un groupe de recherche sur la procrastination. Il explique ce qu’est la procrastination et comment l’éviter.
Ce qui m’a marqué c’est que la définition de la procrastination donnée dans le premier épisode tranche quelque peu avec celles que l’on peut trouver habituellement.
En effet, selon Wikipedia, par exemple, la procrastination « désigne la tendance pathologique à systématiquement remettre au lendemain quelques actions ».
L’auteur du podcast, au contraire, explique que remettre une tâche au lendemain n’est pas forcément synonyme de procrastiner. En tout cas, cela ne suffit pas à définir la procrastination (c’est une condition nécessaire mais non suffisante). En effet, si l’on a repoussé cette action parce que quelque chose de plus urgent et important est survenu, il ne s’agit pas de procrastination.
La procrastination, c’est repousser quelque chose et ressentir une réponse émotionnelle qui se traduit par un sentiment de culpabilité ou d’anxiété. En outre, procrastiner implique ressentir ce report comme irrationnel : on sait que le moment pour agir est maintenant et pourtant on fait tout sauf cela.
Pour moi, cette définition est extrêmement intéressante.
En effet, cela veut tout d’abord dire que ne pas effectuer une action à la date que l’on s’est fixée ne signifie pas forcément procrastiner. Si une autre tâche imprévue mais plus importante et nécessitant une action immédiate se présente à nous, la faire avant l’action initialement prévue est tout simplement logique et normal.
Ce que j’en déduis c’est que, dans un tel cas, il est inutile de se reprocher d’avoir remis cette action à plus tard : c’est contre-productif et, surtout, cela pourrait nous pousser à réellement procrastiner par la suite.
En revanche, selon moi, cela signifie également que faire toute chose autre que la tâche la plus importante que l’on ait à faire c’est procrastiner. Peu important si le délai que l’on s’est accordé par accomplir une tâche est de 2 semaines par exemple, si celle-ci est la plus importante, c’est celle que l’on devrait être en train de faire en ce moment. D’ailleurs, si ce délai est plus long que nécessaire, s’être fixé un tel délai est dores et déjà de la procrastination.
Imaginons, par exemple, que je me sois fixé 3 activités prioritaires à effectuer dans une journée donnée : écrire un article pour mon blog, lire un chapitre du livre que j’ai actuellement sur ma table de chevet et faire un entraînement sportif. Ces activités sont classées par ordre de priorité, donc l’écriture d’un article est l’activité la plus importante. Si je choisis de commencer par la lecture de mon livre ou par le sport, je suis en train de procrastiner.
Cela peut peut-être sembler évident à certains d’entre vous mais cela ne l’était pas forcément pour moi. Pour être honnête, je commence d’ailleurs souvent par les tâches de priorité 2 ou 3 car je considère qu’elles sont suffisamment importantes. Les trois tâches figurent sur mon emploi du temps de toute façon donc je me dis qu’au final je vais toutes devoir les accomplir quel que soit l’ordre. Je me sens vaguement coupable et anxieux en me disant que je ne suis pas en train de faire la tâche la plus importante, mais je me réconforte en pensant que je la ferais certainement ensuite.
La définition donnée dans ce podcast me montre qu’en agissant de la sorte je suis en fait en train de procrastiner. En effet, je n’ai aucune raison de ne pas être en train d’effectuer la tâche de priorité 1. De plus, en la remettant à plus tard, je ne fais qu’entretenir un sentiment d’impuissance et des émotions négatives par rapport à celle-ci.
Même faire l’activité de priorité 2 n’est pas suffisant. En effet, cela ne fait que me faire courir le risque de ne pas avoir le temps d’effectuer la tâche la plus importante si, par exemple, un imprévu intervient. En outre, même si j’ai finalement le temps de débuter cette activité numéro 1, cela se fera dans un état de stress étouffant et inconfortable et peu propice à un travail de qualité.
Je pense que beaucoup d’entre nous, à des degrés plus ou moins important, procrastinent de cette manière et reportent (voire évitent de faire) ce qui est réellement important en commençant systématiquement par ce qui n’est que secondaire. Regardez autour de vous au bureau par exemple, je suis prêt à parier que l’écrasante majorité de vos collègues commencent leur journée par consulter leurs emails même si c’est généralement loin d’être la tâche la plus importante qu’ils aient à effectuer.
Et vous? La procrastination est-elle présente dans votre vie? La considérez -vous comme un frain à votre développement oersonnel? Cela augmente-t-il votre stress et vous empêche-t-il de profiter de votre temps libre?
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[...] En effet, parfois une tâche peut nous effrayer et nous pouvons avoir l’impression qu’il y a tellement de travail à accomplir, que nous préférons la repousser. Nous avons le sentiment que nous n’en viendrons jamais à bout. Cela nous incite à la remettre indéfiniment à plus tard cela même si cela crée chez nous un sentiment de culpabilité. C’est ce que l’on appelle la procrastination. [...]
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