Comment savoir si vous êtes marié avec vos mauvaise habitudes ? Et comment vous séparer à l’amiable

êtes vous marrié à vos mauvaises habitudes

Nous avons tous des problèmes ou des mauvaises habitudes dont nous souhaitons nous débarrasser. Mais comment nous séparer de nos habitudes quand elles font partie intégrante de notre vie ? Quand elles sont devenues une partie de nous-même ?

 

Vous avez surement déjà subi une rupture amoureuse. Ou, tout du moins, vous avez déjà perdu un ami. Comme moi, vous vous êtes sans doute parfois accroché à certaines relations qui ne vous convenaient pas pour éviter les affres d’une rupture. Ou peut-être même avez-vous rompu pour vous remettre ensemble quelques jours plus tard. Mais, au final, vous vous êtes rendu compte que, aussi difficile qu’elle soit, la rupture était la seule solution possible, la seule qui pourrait vous éviter d’être malheureux.

Mais vous êtes-vous déjà dit qu’il en allait de même pour vos mauvaises habitudes?

Voici quelques signes qui indiquent que vous êtes mariés avec vos habitudes et quelques conseils pour vous permettre de larguer celles-ci lorsque la relation ne vous convient plus :

 

1. Votre relation vous définit : vous vous identifiez à vos mauvaises habitudes

Nos habitudes sont en quelque sorte notre seconde moitié. Nous nous identifions souvent à elles de la même manière que nous nous identifions trop souvent à notre travail, à notre statut social et familial, voire à notre compte en banque. Et, si cela ne pose pas de réel problème dans le cas d’une habitude positive (faire du sport), c’est malheureusement tout aussi vrai en ce qui concerne les habitudes négatives (fumer).

Généralement, les racines de cette identification sont profondément ancrées en nous. Si vous fumez, vous ne vous identifiez pas seulement aux autres fumeurs, vous vous identifiez aussi à tout ce que l’on associe habituellement au fait de fumer. Peut-être que associez-vous par exemple fumer à détente et relaxation, ou pensez-vous que fumer vous rend cool …

Le problème, c’est qu’il va être extrêmement difficile, voire impossible, de vous débarrasser de vos mauvaises habitudes tant que vous penserez que celles-ci vous définissent en tant que personne. Tant que vous penserez que vous ne seriez plus la même personne si vous arrêtiez de fumer, il y a peu de chances que vous y parveniez.

Dans Fight Club, Tyler Durden nous donne une leçon : « Vous n’êtes pas votre travail. Vous n’êtes pas votre compte en banque. Vous n’êtes pas la voiture que vous conduisez ». On pourrait ajouter à cela : Vous n’êtes pas vos mauvaises habitudes.

Pour vous débarrasser de vos mauvaises habitudes, il faut que vous arrêtiez de vous identifier à elles. Ce que vous faites ne vous définit pas : vos habitudes ne sont que des reliques d’un ancien mode de pensée auquel vous n’adhérez plus. Ce sont vos principes qui définissent votre personnalité. Et ces principes, c’est vous qui les choisissez librement et personne d’autre. Mettre fin à une mauvaise habitude, ce n’est pas détruire une partie de vous-même. Votre identité ne dépend pas de cette habitude.

2. La rupture vous obsède : vous consacrez toute votre énergie au problème dont vous voulez vous débarrasser et non à sa solution

La plupart du temps, lorsque nous souhaitons éliminer une mauvaise habitude, nous nous concentrons sur cette celle-ci et sur notre volonté de nous en débarrasser. Agir de la sorte peut sembler logique. Cependant, l’expérience montre que cela ne fonctionne généralement pas.

Les premières fois où j’ai essayé d’arrêter de fumer, par exemple, je concentrais toute mon attention sur le fait de ne pas fumer. Je comptais les heures écoulées depuis ma dernière cigarette : « 10 heures que j’ai arrêté de fumer » …  J’avais même volontairement arrêté de fumer pendant le week-end afin de pouvoir y consacrer toute mon attention. Je parcourais sans relâche des sites internet dédiés à l’arrêt du tabac. Finalement, la cigarette ne quittait jamais mes pensées, je devais faire preuve d’une volonté énorme pour ne pas craquer. Et comme la volonté est une ressource limitée, je finissais toujours par retomber tôt ou tard dans mes travers (et plutôt tôt que tard d’ailleurs :-).

J’ai réussis à arrêter de fumer lorsque j’ai cessé de me répéter que c’était difficile, quand j’ai arrêté d’y consacrer toute mon attention. Au lieu de cela, j’ai essayé de favoriser toutes les situations qui me permettraient d’oublier la cigarette : je suis allé jouer au foot, j’ai passé du temps avec des amis non fumeurs, j’ai cuisiné, j’ai joué à la console… Et surtout, j’ai pris le parti d’arrêter immédiatement de me considérer comme un fumeur au lieu d’attendre de ne plus avoir fumé depuis des semaines avant de m’en sentir autorisé. Et quelque chose d’étonnant c’est produit : je me suis rendu compte que c’était beaucoup plus facile qu’il ne m’avait jusqu’alors semblé.

Au plus nous consacrons de l’énergie au fait de nous débarrasser d’une mauvaise habitude, au plus nous consacrons de l’énergie à cette habitude elle-même. Nous renforçons ainsi notre croyance, parfois inconsciente, que nous débarrasser de cette mauvaise habitude est difficile.

La meilleure façon de résoudre un problème est de consacrer notre énergie et nos pensées à sa résolution elle-même et non à nous plaindre ou à angoisser à propos de ce problème. Il en va de même en ce qui concerne nos habitudes. Il est important de changer notre dialogue interne et de consacrer notre énergie à penser aux bienfaits de notre nouvelle habitude plutôt qu’à penser à la difficulté de nous débarrasser de l’ancienne. Si vous avez arrêté de fumer, dites-vous par exemple « j’apprécie le fait de prendre soin de moi-même, de mon corps, de ma santé », ou « je redécouvre le goût de ce que je mange ».

 

3. Vous avez peur de vous retrouver seul : le changement vous effraie

Le dernier signe montrant que vous êtres marié à vos habitudes, c’est que vous avez peur d’éprouver un sentiment de vide si vous vous en débarrassez.

La plupart des relations abusives perdurent car la personne souffrant des abus a peur de se retrouver seule. Elle sait que la relation ne lui convient plus, mais elle y est tellement habituée qu’elle a du mal à imaginer sa vie seule. Elle a peur de ne pas être capable de faire face à cet inconnu.

Et bien souvent, cette peur du vide se retrouve dans le cas de nos habitudes. En effet, nos habitudes sont tellement ancrées dans notre comportement et dans notre vie de tous les jours que nous avons du mal à imaginer ce que serait notre vie sans elles.

Lorsque j’étais fumeur, il me paraissait impossible de concevoir la vie sans cigarette. D’ailleurs beaucoup de fumeurs ont l’impression qu’ils seraient incapables d’apprécier la vie s’ils arrêtaient. Pourtant cette impression est simplement le fruit d’associations que fait notre cerveau : il associe les situations que nous rencontrons aux gestes que nous faisons à ce moment là. Si nous fumons à chaque fois que nous prenons une pause, notre cerveau va apprendre à associer détente et cigarette, même s’il n’y a en fait aucune relation. C’est aussi la raison pour laquelle nous finissons tous par détester la musique que nous choisissons comme alarme pour se réveiller le matin.

 

Cette peur du changement est donc quelque chose de totalement explicable. Et c’est un comportement totalement humain. Après tout, vous savez ce que vous perdez en changeant vos habitudes, mais vous ne savez pas ce que vous allez retrouver.

La façon la plus efficace d’éviter cette peur du vide et du changement, c’est de remplacer immédiatement l’ancienne habitude dont vous voulez vous défaire pour une nouvelle habitude meilleure pour vous. Si, comme moi, vous souhaitez vous défaire de votre addiction pour la caféine, vous pouvez remplacer votre tasse de café par une tasse de thé vert. Cela sera certainement plus facile que de simplement arrêter de boire du café. Si vous pensez passez trop de temps à regarder la télévision, vous pouvez certainement remplacer une heure de télévision par une heure de lecture chaque soir.

Lorsque nous nous séparons de nos mauvaises habitudes, nous devons en mettre en place des meilleures pour les remplacer, pour ne pas laisser le vide s’installer. Le problème, c’est que  bien souvent, nous sommes tellement habitué à notre mode de fonctionnement qu’il est extrêmement difficile de lui imaginer une alternative. Si vous avez souffert toute votre vie de relations abusives, il va être difficile d’imaginer pouvoir une relation basée sur l’amour et le respect.

C’est pourquoi remplacer vos anciennes habitudes va vous demander du courage. Cela va vous demander de ne pas avoir peur d’explorer de nouvelles manières de vivre, de ne pas hésiter de vous jeter à l’eau.

Nous formons une relation avec nos habitudes de la même manière qu’avec notre famille, nos amis ou notre fiancé(e). Lorsque cette relation ne nous convient plus, il faut apprendre à y mettre fin.

Bien sûr, cela va vous demander de l’audace, mais c’est aussi une nouvelle aventure qui commence, une exploration de vous-même et un voyage vers une vie meilleure. Et surtout, c’est un voyage que vous aurez choisi de mener. Il vous permettra certainement de vous rendre compte que vos problèmes n’étaient là que pour vous permettre d’avancer et de vous améliorer.

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13 réflexions au sujet de « Comment savoir si vous êtes marié avec vos mauvaise habitudes ? Et comment vous séparer à l’amiable »

  1. J’avais jamais vu ça dans le sens que nos mauvaises habitudes faisaient aussi parti de son identité et qu’en arrêtant une mauvaise habitude on risquait de perde une partie de soi. Ton point de vue est intéressant :-)

    Et c’est vrai qu’on est parfois plus qu’accro à ses mauvaises habitudes, on sait que c’est mal qu’il faut changer mais on n’arrive pas à se résoudre à le faire.

    PS: à force de parler de figth club j’ai décidé de le revoir!

  2. Bravo Guillaume pour cet article ! J’aime beaucoup la comparaison avec le couple. Je suis donc en instance de divorce avec mes mauvaises habitudes, du moins avec celles que j’ai reconnues comme mauvaises. Parce que parfois, on ne s’en aperçoit même pas.

  3. On peut y rajouter la notion de mauvaises habitudes  »émotionnelles » ! Fumer, grignoter, boire….peuvent être des habitudes de consolation.
    Ce qui se passe en nous réellement au moment même ou nous décidons de grignoter, fumer, boire (alors qu’on avait pris la décison d’arrêter)…c’est un sentiment d’impuissance ! Roger Gould, psychothérapeute, qui fait autorité dans le domaine des troubles du comportement alimentaire met en avant 5 constats d’impuissance

    1) constat lié aux doutes sur nous-même : sentiment dévastateur qui crée en nous une pulsion : fumer, manger, boire …se droguer !

    2) constat lié à notre frustration : vous avez beaucoup oeuvré mais le résultat tant attendu n’est pas là ! Vous n’y pouvez plus rien ! Grande déception. Vous cherchez à compenser, vous cherchez un réconfort : dans le bar tabac du coin, à la superbe boulangerie à côté de chez vous !

    3) constat lié à notre sécurité intérieure : vous vous sentez en danger, personne pour vous protéger. Manger, boire, fumer… une protection ?

    4) constat lié à notre rébellion : vous êtes en colère car on ne vous respecte pas, on ne vous écoute jamais. Mais vous avez peur d’affronter cette colère ; elle pourrait être violente. Vous taisez vos émotions mais pour compenser, pour vous calmer vous irez chercher de quoi vous  »anesthésier  », vous protéger !

    5) constat lié à notre sentiment de vide intérieur comme l’a si bien dit Guillaume.
    Incapable d’éprouver satisfactions, bien être. Votre vie est vide, pas de projets, pas d’objectifs, perosnne autour de vous. Impuissant(e), la nourriture pourrait bien vous remplir (remplir ce vide !), vous combler !

    Ce n’est pas une question de volonté, de courage…. pour quitter nos mauvaises habitudes. C’est une question de conflits non résolus !

    @ bientôt
    .-= Voici le dernier article de Karine : Mincir et bien-être : 4 ateliers DIET & ZEN =-.

  4. Sa Sainteté le Dalai-Lama a dit :
    Sème un acte, tu récolteras une habitude
    Sème une habitude, tu récolteras un caractère
    Sème un caractère, tu récolteras une destinée

    Tes paroles mettent en lumière celle au dessus (ou est-ce l’inverse je ne sais pas lol). Tu dis que le vide ne doit pas s’installer et qu’il faut remplacer les mauvaises habitudes par des bonnes. Je n’y adhère en ce sens que je ne considère pas le vide comme étant le néant, pour moi il existe une différence entre le vide (qui est tout sauf vide) et le néant (qui n’est pas le vide). J’aime faire le vide lol
    Robert Cialdini écrit que souvent nous nous comportons comme les gens attendent de nous que nous nous comportions. Cela rejoint ton idée d’arrêter de s’identifier a sa mauvaise habitude en croyant qu’elle nous définit. Ce n’est pas le cas et en faire se défaire d’une mauvaise habitude, je le pense, relève plus de se défaire de cette fausse croyance mentale que de se défaire de l’aspect extérieure/physique que la mauvaise habitude prend.
    Enfin je finirais par une histoire personnelle, j’ai longtemps cru que je n’avais pas spécialement de mauvaises habitudes a laisser tomber mais au cours d’une séance de magnétisme particulièrement intense, a la suggestion : il est temps de laisser votre haine partir, j’ai répondu « mais que vais-je devenir sans toute cette haine qui m’habite ».
    Je n’avais jamais remarqué jusque la que j’étais habité par la haine.

    Merci Guillaume pour ce magnifique article et surtout me laisser savourer le chemin parcouru entre la prononciation de cette phrase et son écriture sur ton blog.

    Mohamed

    • je trouve ta remarque interressante car nous n’avons pas conscience à tel point nous sommes impregnes d’une mauvaise habitude comme pour toi la haine .

      pour toi le magnetisme ou le repos tout simplement nous aide à mieux nous concentrer pour dicerner nos emotions .colere revolte …..

      je pense pour completer cet excellent article de Guillaume ,que le choix du momemt pour divorcer avec nos mauvaises habitudes
      est capital .
      en dehors d’une periode de stress ou de desordre comme dit Bouhouda vacances ou equivalent long week end …

      Marie

    • Merci Mohamed pour ce témoignage extrêmement intéressant.
      Je connaissais cette phrase que tu rapportes. Par contre, il me semble avoir lu ça dans le livre Les 7 habitudes de ceux qui réalisent tout ce qu’ils entreprennent de Stephen Covey. Je ne savais pas qu’il avait emprunté ça au Dalai Lama.
      C’est très intéressant ce que tu écris concernant cette séance de magnétisme. Cela montre aussi à quel point il est difficile de parvenir à une connaissance objective de soi-même. Et ça m’améne à me demander ce que je pourrais découvrir de moi-même si je faisais une séance de magnétisme.
      Je partages enitèrement ton point de vue suivant lequel le plus difficile lorsque l’on cherche à se défaire d’une mauvaise habitude, c’est de se défaire de la croyance qui génère cette habitude.

      • @Bouhouda Crois-moi le desordre n’est pas une fatalite. Il y a des moyens de s’en sortir. Ici je ne pourrais que te donner des conseils generaux et/ou ceux qui ont marche pour moi. Si tu le souhaites tu peux m’envoyer un mail et m’expliquer l’origine de tes maux. Mon mail ? A la fin de mes articles sur mon blog. (Guillaume si cette proposition d’aide est vue comme une pub, je ne t’en voudrais pas d’effacer le post)
        @Marie Merci pour ton message. Je ne suis pas vraiment d’accord avec le choix du moment car pour moi, longtemps cette excuse m’a servie a procrastiner. Seule la volonte (dans mon cas et dans mon mental) importe sur le long terme. Le moment ? personnelement j’ai appris que plus on tombe bas plus on a de force pour remonter (c’est paradoxale mais vrai)
        @Guillaume Merci pour ton com. Je t’enjoins a faire une seance de magnetisme (ou d’energetisation ou autre nom que le pratiquant aura choisi) a la seule condition d’etre parfaitement a l’aise avec le therapeute. C’est a cette condition que lorsque le moment de s’ouvrir arrivera (si il arrive) tu te lacheras completement. Avis totalement personnel issue de mon experience…personnelle :-)
        .-= Voici le dernier article de Mohamed : Apprenez A Poser De Meilleures Questions =-.

  5. Fumer, grignoter, boire, se droguer, se ronger les ongles … et bien d’autres mauvaises habitudes qui sont parfois encore là, malgré maintes tentatives de vouloir arrêter !

    Pas par manque de courage, ni de de volonté mais par méconnaissance d’un conflit intrapsychique non résolu ! Résoudre ce conflit pour se séparer à l’amiable
    et lire tous les bons articles du mois de mars sur : Est-il vraiment possible de changer ?

    @ bientôt
    .-= Voici le dernier article de Karine : Mincir et bien-être : 4 ateliers DIET & ZEN =-.

  6. Ping : Est-il possible de vraiment changer ? L’article récapitulatif à déguster comme un bon vin. « Vivre simplement en pleine conscience

  7. Guillaume, tu as tout à fait raison. Nous sommes en amour avec nos habitudes (bonnes ou mauvaises). J’adore le commentaire de Mohamed : « mais que vais-je devenir sans toute cette haine qui m’habite ?». C’est tellement vrai. Nous avons même peur de perdre nos pires habitudes. Nous avons peur de changer et de devenir une nouvelle personne… qu’est-ce que les gens vont penser?! qu’est-ce que je vais devoir faire?! qui vais-je devenir?!

    Excellent article! Merci!

    Christian
    .-= Voici le dernier article de Christian : Les nouveaux riches: qui sont-ils? =-.

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